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Respecter l’histoire

des Trésoms

… pour mieux l’inscrire dans l’avenir. Telle est la vocation de Véronique Droux, propriétaire et directrice de cet hôtel 4 étoiles, référence de l’art de vivre au bord du lac d’Annecy qu’il surplombe majestueusement. Rencontre avec une femme qui assumes ses choix d’architecture intérieur et de décoration.         

  

Culture Agencement : Quelle importance accordez-vous à l’architecture d’intérieur de votre hôtel de grand standing comme vecteur d’image et d’identité, mais aussi de séduction et de fidélisation de la clientèle ?

Véronique Droux : « Nous lui accordons une importance primordiale. Lorsque mon époux et moi-même avons repris cet établissement en 1998, nous avons d’abord observé la façon dont il fonctionnait, puis identifié quelle était son essence en termes d’atouts de séduction. Nous avons ensuite décidé de les conserver, voire de les mettre davantage en valeur, et d’y adapter notre vision et nos besoins de développement commercial. Il était hors de question de dénaturer cette ancienne bâtisse savoyarde, mais au contraire de respecter son histoire pour mieux l’inscrire dans l’avenir. Par exemple, nous avons rénové la rotonde datant des années 1930 et qui est représentative de l’architecture des hôtels de luxe des bords des lacs d’Annecy, Léman et du Bourget. De même, en restaurant les murs des salles communes, nous avons retrouvé les miroirs à cabochons datant également de la même époque. De fait, en mettant « à » jour la décoration faisant l’identité des Trésoms, nous avons aussi mis « au » jour des éléments essentiels qui en étaient constitutifs. C’est aussi le cas des lustres majestueux à pampilles que nous avons été faire fabriquer à la main spécialement à Murano, afin de conserver l’âme de l’hôtel et son esprit Art déco. Au total, ce sont quatre vagues de travaux qui ont été nécessaires depuis 1998, pour rénover les 52 chambres dont sept suites, ainsi que les espaces communs, pour un coût total avoisinant les 10 millions d’euros.

 

Culture Agencement : L’agencement d’un hôtel haut de gamme doit-il répondre à des codes neutres et sobres pour rassurer une clientèle cosmopolite, ou au contraire dégager une identité forte, conforme aux traditions de la région où il est implanté (en l’occurrence, alpine et haut-savoyarde) afin de dépayser ses résidents de passage ?

Véronique Droux : Il n’y a pas de règle absolue en la matière, car tout est affaire de choix devant être assumé. Notre parti pris a donc été de conserver l’esprit Art déco des Trésoms, par exemple en posant de la moquette à fleurs, ce qui constitue un choix très engagé et pas forcément apprécié de tous.

 

Culture Agencement : Avez-vous fait appel à des artisans locaux ?

Véronique Droux : Nous avons travaillé avec des entreprises locales pour la rénovation des bâtiments. Toute la menuiserie est faite sur mesure par un ébéniste locale. Beaucoup de meubles sont intégrés. Nous avons aussi été chercher des pièces de mobilier de décoration, y compris dans des pays étrangers, comme le Portugal où nous avons l’an passé déniché chez le fabricant Serip un lustre de 6 mètres de haut,  Depuis, il  orne l’escalier principal menant aux chambres et est devenu emblématique de notre hôtel. Nos sources d’inspirations sont diverses, passant notamment par les salons spécialisés comme Equiphôtel ou Architect@work.

 

Culture Agencement : Avez-vous travaillé avec les mêmes architectes d’intérieur pour les quatre phases de rénovation ?

Véronique Droux : Non, nous avons changé à chaque fois pour diverses raisons, notamment celle de faire varier les inspirations. Cela dit, nous apportons à chaque fois autant d’idées aux architectes d’intérieur en leur disant exactement ce que nous voulons, qu’ils nous apportent leurs conseils et visions. Le premier critère de sélection des matériaux et pièces de décoration que nous choisissons est la durabilité, parce qu’ils sont soumis à des manipulations plus fréquentes et contraignantes que dans l’habitat domestique. C’est le cas des marbres d’Italie pour nos murs ou des sièges Rosello.

 

Culture Agencement : De fait, faut-il selon vous conserver longtemps la décoration et l’architecture d’intérieur d’un hôtel haut de gamme, afin de les rendre intemporels, ou au contraire les changer régulièrement, afin de coller aux tendances du moment ?  

Véronique Droux : Je pense qu’il faut se méfier des effets pervers de la mode, qui, comme le dit la formule, rendent vite démodés ce qui ne l’était pas. Or, la nécessité d’avoir des matériaux nobles et durables conduit aussi à privilégier un style de décoration intemporel, ce qui ne veut pas dire pour autant forcément sobre et neutre, mais peut avoir une forte identité comme ici aux Trésoms. En moyenne, les rénovations se font ainsi tous les sept ans. »



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