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Réunir rime avec réussir 2ème partie

Les deux mots sont presque identiques, comme l’est le souhait formulé lors de notre débat par Pierre Haesebrouck et Jean-Luc Fuchs, respectivement dirigeants de Hasap et de Hettich, pour créer les conditions possibles d’amélioration du marché de l’agencement.   

 

Culture Agencement : Comment l'architecture d'intérieur, l'agencement et la décoration peuvent-ils améliorer le bien-être des résidents d'habitations personnelles permanentes (domestiques) ou de lieux éphémères (hôtels notamment) ?  

Pierre Haesebrouck : Vous avez cité les clés essentielles dans votre question. Ma démarche énoncée dans la réponse précédente évoque la combinaison de l'esthétique et de la fonctionnalité. Si on veut la parfaire, il faut y ajouter l’émotion et celle-ci participe directement au bien-être des résidents de lieux de vie. C'est d'ailleurs ce vers quoi tend certification WELL Building Standard qui introduit de nouvelles normes concernant le bien-être des salariés en entreprise (à la différence de certains labels déjà existants, elle est principalement focalisée sur les occupants des bâtiments plutôt que sur les bâtiments, ndlr). Lorsqu’on réalise l'analyse des besoins et celle de la valeur pour concevoir une architecture d'intérieur, on peut être stimulant, rassurant, émouvant ou provoquer d'autres émotions encore. Ainsi, une chambre d'hôtel peut être un cocon douillet pour se ressourcer, un espace invitant à simplement se reposer, ou encore à s'évader. C'est pourquoi, de manière générale, l'exigence de personnalisation passera par l'émotion transmise, plutôt que par la simple pose de mobiliers et de cloisons originales.

Jean-Luc Fuchs : Avant tout, chaque acteur de la filière doit rester dans son rôle, afin de ne pas interférer sur celui des autres et de délivrer ainsi la meilleure prestation possible. De fait, celui des industriels comme Hettich est d'apporter aux agenceurs des solutions techniques pour leur permettre d'améliorer le bien-être des futurs résidents des lieux dont ils ont la charge. Un exemple éclairant est notre charnière adaptée spécifiquement aux façades fines de 10 mm d’épaisseur qui sont en vogue actuellement.

Pierre Haesebrouck : Tout à fait, car ces portes fines s'inscrivent effectivement dans une tendance actuelle vers un habitat plus épuré et sobre, façon Feng shui. Or, sans charnière adéquate pour les poser, nous ne pourrions satisfaire cette demande. 

Jean-Luc Fuchs : Nous réalisons régulièrement des réunions avec des agenceurs et industriels de l’ameublement à notre siège en Allemagne, afin que nos managers comprennent et identifient au mieux les demandes des clients finaux. Un exemple probant est celui du fabricant d'électroménager premium AEG-Electrolux dont les responsables sont venus nous demander de leur délivrer une solution ergonomique qui les distingue de leurs concurrents. C'est ainsi que nous avons conçu le panier bas de lave-vaisselle qui se soulève et qui a remporté de nombreux prix de design, en raison de sa fonctionnalité améliorant justement le confort des utilisateurs au quotidien, thème de votre question.


Culture Agencement : Quelles seront selon vous les conditions possibles d’amélioration du marché de l’agencement au cours des prochaines années ?

Jean-Luc Fuchs : Il y aurait de nombreuses choses à dire à ce sujet mais, là encore, s'il ne fallait retenir qu'une seule condition, ce serait de réunir régulièrement les différents acteurs de cette filière afin de définir ensemble les orientations nécessaires permettant de progresser. Bien sûr, nous ne trouverons pas les solutions immédiatement, mais elles se dessineront progressivement. À l'inverse, rester isolé n'est bénéfique pour personne. Des études récentes ont ainsi démontré que des start-ups ont échoué parce que leurs dirigeants ne partageaient pas leur projet. Il ne faut donc pas avoir peur d'échanger. Par ailleurs, Hettich travaille aujourd'hui à une meilleure souplesse de production, car si nous savons délivrer de très grande quantité de produits avec une qualité permanente, comme nous le faisons par exemple pour Nobilia, leader européen de la cuisine, nous devons aussi intégrer dès l’amont de la démarche les demandes particulières de courtes séries émanant des agenceurs et gros artisans, en nous appuyant sur les compétences et l’expérience de nos revendeurs. 

Pierre Haesebrouck : Notre problématique actuelle est que la réalisation sur mesure coûte cher et qu’il va falloir trouver des solutions pour continuer de séduire nos clients et prospects dans les nouvelles conditions du marché dont j'ai parlé en réponse à votre première question. Un seul acteur, quel qu'il soit, n'y parviendra pas. Je suis donc persuadé que cela passera impérativement par une démarche collective visant, non pas à discuter de l'état des lieux et des problèmes de chacun, mais à réfléchir et proposer une solution concrète permettant d’honorer ensemble chaque chantier au regard des conditions financières posées. Les mentalités doivent donc évoluer chez mais aussi entre les différents acteurs de notre filière, les architectes d'intérieur devant par exemple accepter de revoir leur copie et de partager leur vision lorsque cela est nécessaire. De leur côté, les agenceurs doivent nouer de véritables partenariats avec des industriels, sélectionnés non pas en raison de leur capacité de volumes de production, mais de leurs facultés d'innovation. Il est impossible de répondre à de vrais besoins d'aménagement des espaces uniquement avec de l'ameublement, et seul l’agencement couvre des compétences suffisamment larges pour y parvenir. »  

 

Propos recueillis par Jérôme Alberola  

Visuel ci-dessus : show-room Hettich France

 



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