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S’inspirer pour être inspiré

…et coopérer avec les partenaires complémentaires que sont les architectes d’intérieur pour proposer des solutions à la fois différentes et innovantes. Telle est la culture d’entreprise du groupe Hasap, leader français de l’agencement pour l’hôtellerie et le tertiaire, au travers de ses 5 entités synergiques. Rencontre avec Pierre Haesebrouck, son président. 

 

Culture Agencement : Pouvez-vous présenter en quelques mots le groupe Hasap ?

Pierre Haesebrouck : « Le groupe Hasap est un des leaders français de l'agencement et de la menuiserie intérieure sur mesure, intervenant sur les deux marchés de l'hôtellerie et du tertiaire, pour le très haut de gamme ou les projets d'envergure. Il réalise un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros pour 185 salariés travaillant dans 5 entités que nous appelons “maisons” et qui sont les sociétés Saga Agencement à Dargoire (Haute-Loire), Suscillon à la Tour du Pin (Isère), CBA Montagne à Saint Jean d'Avelanne (Isère), Insight TCE à Lyon et Paris, et Burie à Pérenchies, près de Lille (Nord). Chacune a sa spécificité qui est complémentaire de celle des autres, les amenant ainsi à travailler ensemble. Cela a été notamment le cas lorsque nous avons réalisé un chantier pour la moitié des chambres de l'hôtel de luxe Cheval blanc que le groupe LVHM ouvre à La Samaritaine de Paris. Avec sa compétence d’agenceur ensemblier tous corps d’état, Insight est intervenue pour réaliser les plans d’exécution au millimètre de tous les éléments sur mesure du sol au plafond (marbre, serrurerie fine, miroiterie, tissu, cuir, ébénisterie et peinture décorative). Cette décoration est complétée par un dressing réalisé par Saga Agencement, ainsi que par des ensembles complets de menuiserie et ébénisterie réalisées par CBA. De fait, le groupe Hasap est en mesure de réaliser des agencements complets et personnalisés de lieux du tertiaire et de l'hôtellerie, quels que soient leurs volumes et hauteur de gamme.

 

Culture Agencement : Quel regard portez-vous sur le marché actuel de l’agencement ?

Pierre Haesebrouck : Il a tout pour motiver les agenceurs aujourd'hui, car il y a une véritable appétence des responsables de l'hôtellerie pour la décoration et l'architecture d'intérieur, qui sont de plus en plus considérées comme un véritable vecteur de séduction et de distinction, ceci dans les différents segments de gamme. Il en va de même pour les espaces du tertiaire, car la qualité de l'agencement favorise le bien-être dans les entreprises, critère devenu essentiel aujourd'hui pour attirer puis garder les talents professionnels. La belle médaille que constitue cette tendance a toutefois un revers et je suis inquiet de constater qu’elle ne profite pas actuellement à l'activité des agenceurs parce qu'ils ne sont pas forcément très bien positionnés pour répondre à ces marchés leur étant pourtant naturellement destinés. Ce sont en effet trop souvent des entreprises générales qui les remportent et qui font ensuite appel à des sous-traitant spécialisés dans les divers domaines d'intervention. Or, ce sont les agenceurs qui, en qualité d’ensembliers, sont les mieux à même de fournir des chantiers finalisés conformes, en termes de matériaux et de rendu général, à la vision originelle de l'architecte d'intérieur mandaté par le propriétaire des lieux. À cet égard, je pense que les agenceurs et les architectes d'intérieur ont tout intérêt réciproque à travailler davantage ensemble, car ni les uns ni les autres ne peuvent assurer l'intégralité des travaux à effectuer. En revanche, leurs compétences respectives sont d'une complémentarité impérative pour mener à bien les chantiers tant dans l'hôtellerie que dans le tertiaire.

 

Culture Agencement : Justement, comment se passent vos collaborations avec les architectes d'intérieur ?

Pierre Haesebrouck : Naturellement, nous ne nous substituons pas aux compétences des architectes d'intérieur partenaires, mais nous les accompagnons dans leur démarche de direction artistique ou esthétique des chantiers. Ce sont nos chefs de projets qui, étant parfois également architectes d'intérieur, parlent le même langage et font le lien en traduisant les besoins des architectes mandatés pour trouver en amont des solutions techniques et les matériaux correspondants, ceci pour un coût optimal.

 

Culture Agencement : L’expérience d’agenceur en hôtellerie peut-elle servir pour l'aménagement domestique ?

Pierre Haesebrouck : Absolument, et cela se vérifie concrètement pour les villas ou les chalets de montagne haut de gamme agencés par notre entité CBA. Les prestations sont en effet les mêmes que celles délivrées dans l'hôtellerie de même standing. Ce sont aussi les mêmes grands cabinets d'architectes d'intérieur qui interviennent, à l'instar de Jean-Philippe Nuel (lire sa tribune libre L’une des meilleures vues sur l’architecture d’intérieur diffusée dans notre magazine). La seule différence est que les chambres d'hôtel se dupliquent ou se déclinent le plus souvent, alors que les agencements pour maisons ou appartements de particuliers demeurent uniques, ce qui les rapprochent des services généraux des établissements de résidences collectives. Ces marchés de taille plus modeste ne sont pas pour autant à négliger pour les agenceurs, car ils nécessitent de véritables compétences et ne sont pas convoités par les entreprises générales.

 

Culture Agencement : Enfin, comment définiriez-vous la culture du groupe Hasap ?

Pierre Haesebrouck : Elle ne réside surtout pas dans la recherche de l'uniformisation de nos chantiers, ni dans la standardisation des procédés propres aux  différentes “maisons”. Bien au contraire, nous gardons pour objectif de parvenir à des solutions personnalisées en nous nourrissant toujours des expériences les plus diverses comme des façons de faire propres à chacune de nos « maisons, mais aussi des évolutions dans les autres secteurs. Ce que nous réalisons aujourd'hui dans l'hôtellerie peut ainsi nous servir pour de futurs projets dans le tertiaire, où les halls d'accueil peuvent être similaires, partant du principe qu'on y trouve des concierges dans les deux cas. Pour réussir dans l'agencement, il faut avant tout être curieux et savoir se remettre en question, en étant à l'écoute des partenaires pour continuer de progresser et proposer des solutions à la fois différentes et innovantes. »

 

Propos recueillis par Jérôme Alberola

Visuels :

Haut de l’article : hôtel Four Seasons à Megève (décorateur : Pierre-Yves Rochon)

Ci-dessous : hôtel Le Mélézin à Courchevel (décorateur : Christophe Tollemer)

 

 



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